Céline à Annecy ?

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     En concours j’ai levé la tête aujourd’hui, un peu, et dehors il y avait ce vent dans les arbres – libres comme le vent, les arbres. J’étais bien, à ma chaise avec Céline qui disséquait les nerfs et mettait la peau de ses personnages sur la table, dans Voyage au bout de la nuit.J’ai levé la tête, tout le monde était absorbé et les surveillants étaient des miradors invisibles. J’ai levé la tête aujourd’hui, un peu, et il y avait quelques rayons de soleil quelques fois dans le silence qui n’osaient pas se faufiler. Je repensais à la chaleur d’étuve en allant à Annecy à vélo, écrasés partout dans le col de la Chambotte. Ce col il est droit, il faut savoir ; c’est une pierre qui vous tombe sur le cou : sans prévenir, sans répit, d’un coup sec et silencieux. Il y avait le soleil qui nous élimait dans les montagnes et cette chaleur, qui roulait avec nous pas à pas, chaque fois plus insistante, on n’avait pas envie d’embrasser l’asphalte.

     En arrivant dans Annecy, je me souviens avoir pris à droite sur une autre rue, mieux ombragée, plus loin du lac. Les immeubles calmaient le ciel nous pilonnant de trente-cinq degrés par-ci par-là. Bien au-dessus des derniers étages, en haut, restait du jour avec des mouettes et des morceaux du ciel. Nous on avançait dans la lueur d’en bas. Des flaques partout, plus ou moins grandes. Mon frère rentrait d’avoir pris les courses.

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